Ici, on crée les bases de ta relation intime à ton corps.
L'expérience Retour au corps t'aide à
Adoucir ton regard sur toi en développant ta compréhension de ton système nerveux
Intégrer des pratiques qui vont t'aider à te traiter avec plus d'indulgence
Reprogrammer ta vision du monde et passer du contrôle à la rencontre
L'expérience éphémère Retour au Corps
L'expérience qui t'aide à renouer une relation intime à ton corps.
Maintenant, place au contenu
Laisse-moi te donner un peu de fond
Tu sais que tu es coupée de ton corps. On te l'a dit plein de fois, en thérapie, en coaching, en institution.
"Le problème, c'est que vous êtes trop dans votre tête."
Bah ouais, tu le sais, sauf que c'est la seule chose que tu sais faire.
Sentir ton corps, tu ne sais même pas trop ce que ça veut dire.
Et puis, tu en as carrément marre qu'on te dise ça, parce que tu as bien survécu jusqu'à présent en étant coupée de ce corps.
D'ailleurs, ce corps... mérite-t-il seulement que tu t'y connectes. Ce corps qui t'apporte les crises, les vomissements (quand il arrive à vomir), qui gonfle comme un ballon de baudruche, ce corps lourd, encombrant, pesant
Ou vide, affamé, dont tu ne sais trop que faire.
Ce corps qui fait sa loi, qui fait sa vie, qui t'empêche d'être au monde, qui ne ressemble pas à ce que tu es profondément, qui n'en fait qu'à sa p*** de tête, justement, qui t'entrave, te retient, t'aliène... Pourquoi, après tout, devrais-tu y être connectée.
Ce corps qui t'apporte si peu de plaisir et tant de peine... Mieux vaut le laisser à distance.
Ce que j'ai envie de te dire, c'est que ce n'est pas une faute d'être coupée de son corps. Ce n'est pas une anomalie, un dysfonctionnement.
C'est une réaction qu'on développe quand, à un moment de sa vie, on a dû se couper de ses émotions et de ses ressentis, pour ne pas éprouver une douleur trop grande à supporter.
Et c'est aussi une source de grande souffrance.
Et peut-être que tu ne me crois pas. Ou que ça t'énerve que je dise ça.
Elle est qui, elle, pour me dire ce qui me fait souffrir ou pas ?
Elle n'est pas dans mes pompes.
Elle n'est pas dans mon corps.
Et tu as bien raison.
Je t'écris ces mots à partir d'un endroit où je peux dire aujourd'hui que je me sens profondément connectée à mon corps, la plupart du temps. Et que je sais observer quand j'en suis déconnectée, sans juger ça.
Ce n'est pas parce que je suis meilleure que toi, ou que j'ai réussi cette performance.
Ça a juste été un processus irrésistible, non-négociable.
Chaque pas, chaque initiative, chaque tentative de guérison m'a amenée un peu plus près de mon corps.
Et quand je regarde en arrière aujourd'hui, parfois par l'intermédiaire de personnes que j'accompagne sur le même chemin et en qui je me reconnais tellement, j'ai beaucoup de peine et de compassion pour cette moi d'il y a quelques années qui était totalement coupée de son corps.
Parce qu'être coupée de son corps, c'est être condamnée à vivre dans le mental.
Le mental tout seul, le mental au pouvoir, c'est pour moi la définition même de la torture.
Parce que le mental tout seul, non adossé au ressenti du corps, c'est un dialogue sans fin, un verbiage permanent.
C'est une vision du monde dans laquelle certains ont raison et d'autres ont tort et chaque argument peut renverser l'une ou l'autre partie.
C'est un débat sans fin.
C'est une quête vaine de la vérité, à partir d'un endroit qui, par définition, ne peut pas la connaître.
Etre coupé de son corps, c'est être coupé de quelque chose de sûr, de solide et d'ancré dans la vie.
Même dans la tristesse, la frustration, la colère ou le désespoir, je peux être sûre d'une chose, c'est que je ressens ces choses. Je les sens là, dans mon corps. Même si je ne sais pas les nommer. Même si je mets pas ces étiquettes-là dessus.
Et ça peut sembler contre-intuitif, mais ça apporte de la sécurité intérieure. Mon mal de tête est quelque chose de sûr. Il est là, je le sens. Si je ne peux même pas ressentir ma migraine, alors je ne peux me raccrocher à rien de tangible.
Le mental tout seul, détaché du corps et des sensations, c'est un endroit de débat sans fin. Sans fin. Où tout et son contraire est vrai et faux à la fois.
Où on peut chercher indéfiniment qui est coupable de quoi, qui est victime de qui et si on aurait dû faire ou ne pas faire ce qu'on a fait.
C'est un endroit régi par des clivages - bien/mal, vrai/faux, juste/injuste - un endroit auquel échappent toutes les subtilités de l'humain. Un endroit qui appelle "contradictions" ou "paradoxes", des phénomènes normaux, humains.
Un endroit qui nous demande de choisir des camps, de choisir des scénarios, une version bien nette et qui catégorise, simplifie, vulgarise à l'extrême des processus qui sont parfois trop complexes pour être nommés.
Voilà pourquoi, si tu es coupée de ton corps, j'ai beaucoup, beaucoup de compassion pour toi. Pour toi qui a tant de mal à ressentir la douleur, le plaisir, les émotions lourdes, pénibles et les plus légères, parce que ta tête est aux commandes.
C'est pas obligé de vivre comme ça toute ta vie.